Le numéro 22 de l'Art de l'Aquarelle est paru en septembre 2014.

Les gagnants parmi les 23 finalistes du concours mondial de l'aquarelle nous sont enfin révélés.

Nous rencontrons le malaisien Lok Kerk Hwang qui peint des objets domestiques. Plusieurs portraitistes sont au sommaire: Sylvie Griselle, les américains David Lobenberg et Linda Doll. Nous parcourons l'univers d'artiste de Nicholas Phillips et levons le voile sur une partie de ses techniques.
Après une visite à l'atelier de rouille et de fer de Peter Jablokow, promenade d'automne avec le paysagiste britanique Joe Dowden, et parcours des sentiers de l’Histoire des Alpes Maritimes avec le couple Bernard Alunni et Christine Lemayeur.

L'actualité

Aiguillon

Salon Confluences d'Aiguillon


Aiguillon

Pedro Orozco, Puerto de Ceuta

Salon Confluences d'Aiguillon

19 octobre au 2 novembre 2014


Les 3 invités d’honneur de cette année sont bien connus des aficionados du circuit de l’aquarelle : ils ont pour nom Sonia Privat, Keiko Tanabe et David Chauvin. Ont également été conviés deux invités exceptionnels : la Belge Gerda Mentens et l’Espagnol Pedro Orozco (voir ADA 19).


le Festival international de l’aquarelle à Aiguillon va intégrer dans son panel, outre l’aquarelle et le carnet de voyages (depuis deux ans) une nouvelle corde à son arc, avec la mise en place d’un vrai marathon du croquis. Le “sketchcrawl” est habituellement organisé sur un jour et quatre fois par an ; cette manifestation se déroule à la même date à travers le monde entier.


Aiguillon

Marathon du croquis : sketchcrawl



Batt

Miles G. Batt Sr, Primary Boatz

53,3 x 71,2cm, 1er Prix

Watercolor West soutient l’aquarelle transparente


Dans l’ouest des États-Unis, les artistes de l’école californienne d’aquarelle ont été une grande source d’inspiration. Les peintres ont commencé à se rassembler pour partager leurs idées et montrer leurs oeuvres ; cela a ensuite débouché sur des sociétés d’aquarelle, dont Watercolor West.

La Watercolor West Society continue à honorer la tradition de l’aquarelle transparente. Une des caractéristiques de la technique de l’aquarelle est sa transparence, qui laisse briller le papier à travers un voile de couleur.


Mendocino

Alex Pekala, Mendocino

50,8 x 73,6 cm, 2e Prix


Batt

Salle d’exposition du Centre d’art contemporain de Ratchadamnoen (RCAC)


World Watermedia Exhibition, Thaïlande


Le bureau de l’art contemporain et de la culture et le ministère de la Culture ont sponsorisé et soutenu cette manifestation internationale de toutes les manières possibles.

L’exposition a présenté 289 aquarelles peintes par 116 artistes du monde entier, dont 30 artistes thaïlandais.


   J’ai beaucoup aimé cette salle, ainsi que son éclairage. Cette photo a été prise vers minuit, douze heures avant la cérémonie d’ouverture – ce qui explique pourquoi il n’y a personne.

 

 

Révélations

bloc

La joie des autres est une grande part de la nôtre, Ernest Renan


2013, 40 x 30 cm, Olivier Bartoli

Le Français Olivier Bartoli, portraitiste.

    Ma démarche ? Explorer la frontière entre l’image réelle et la subjectivité du sujet, voilà mon chemin. Partir de la simplicité d’un regard, c’est comme commencer par les trois couleurs primaires, débuter d’une pauvreté qui devient richesse. Que le portrait soit homme ou femme, enfant, adulte ou vieillard, y découvrir l’humanité de chacun, joies et peines, doutes et foi, et les partager avec celui qui regarde. Dans un monde en crise de relation, dans une société gangrenée par le pessimisme, redonner un regard positif et profond sur les personnes. Croire en l’humanité de chacun. Mes sujets sont donc très variés en âge et en provenance, du moment qu’ils aient quelque chose à me raconter, quelque chose que je pourrai ensuite traduire et interpréter pour les autres.

Pour y parvenir, je choisis peu de couleurs (1 jaune, 2 rouges et 2 bleus) et travaille en sec ou en humide. Guidé par les idées de Jeanne Dobie, je commence toujours par les jaunes, puis les rouges, pour finir par les bleus pour les contrastes. J’ai toujours du mal à m’arrêter ! Je me pose souvent les mêmes questions et y réponds par moi-même ou dans des discussions sur Facebook avec mes amis peintres. C’est comme ça que j’avance…    

P 16 Olivier Bartoli
 

bloc

Book of Records, 48 x 68,5 cm.

L'Américaine Kara Castro, peintre réaliste.

    Enfant, je jouais dans la cour de mon ami Mark. Mark passait son temps à créer tout un monde à l’aide de galets, de boue et de canettes de bière. Tous ces objets, ainsi que la neige, on les trouvait en abondance dans la campagne du Michigan. Quand la neige fondait, on canalisait l’eau de façon à ce qu’elle mette les cannettes en branle, et ainsi nous leur faisions faire la course. C’est là que j’ai appris à connaître les réactions de l’eau. J’ai aussi découvert quels types de sols étaient absorbants, et comment sculpter la terre de manière à repousser ou à transporter l’eau. C’est la manière dont je peins aujourd’hui.

Je fais circuler l’eau sur la feuille comme je le faisais alors. Quand je verse du pigment et de l’eau sur mon papier, cela revient à lire la surface et à l’amener à accepter ou relâcher l’eau qui transporte la couleur. Dans mes oeuvres, je choisis mes objets en fonction des ombres qu’ils provoquent. Les objets en métal massif donnent des ombres dures qui ont l’air lourdes. De simples traits tracés au crayon sont tracés sur la feuille d’aquarelle.
Chaque peinture a besoin de quelque chose de différent : les pigments opaques peuvent servir pour une surface destinée à accueillir des détails, comme des caractères sur la page d’un livre. Sur certaines zones, travailler du foncé au clair est mieux. Sculpter les pigments épais et les retirer après qu’ils se sont répandus donne des contours flous à la page d’un livre ou à du verre dépoli. Quelquefois, travailler du clair au foncé est requis. Vous voyez, je ne suis pas vraiment de règles.    

P 17 Kara Castro

   Les objets que je choisis de peindre sont surtout ceux qui vont me donner cette composition jusqu’à ce que l’ombre tombe là où je le voulais.

 

Jasiewicz

Morning on the corner, 2014

46 x 64 cm.

Le Polonais Micha Jasiewicz, paysagiste.

    Je suis architecte et peintre à la fois – la peinture est une passion en même temps qu’un style de vie. Contrairement à ce que j’ai appris pendant mes études d’architecture, je perçois l’aquarelle comme un type d’art davantage que comme un style graphique. Je fais fréquemment apparaître des éléments architecturaux dans mes oeuvres, bien qu’ils ne soient pas représentés directement : ils font en général partie d’un paysage plus large. La coexistence d’un paysage naturel et de manifestations humaines me permet de créer une vision du monde à la fois réaliste et poétique, aussi insaisissable que la lumière changeante ou que les saisons de l’année. Mes oeuvres sont souvent inspirées par un rai de lumière sur une façade, la surface miroitante de l’eau ou le ciel gonflé de nuages plutôt que par un objet particulier.

Il m’est difficile de définir ma technique. Elle ne cesse d’évoluer, tout dépend du motif, de mon humeur du moment… J’essaie d’expérimenter et d’emprunter de nouvelles voies autant que possible.
L’aquarelle, cela doit être amusant ! Peindre me procure de la joie : je ne supporte pas de m’ennuyer et de travailler dans un cadre établi. L’aquarelle est une technique quelque peu imprévisible ; on doit lui donner de l’autonomie et la laisser faire la moitié du travail. On ne peut pas contrôler chaque détail, car cela tue son plus grand mérite : sa spontanéité et sa fraîcheur.    

P 18 Micha Jasiewicz
 

Jasiewicz

Sliced Citrus with Calamondin, 2009. 35,5 x 51 cm.

L'Américain Frank Spino, publicitaire converti aux beaux arts.

    J’ai passé une bonne partie de ma vie à mettre mon énergie et mon talent au service d’autres personnes. En tant que créateur de panneaux publicitaires, j’ai travaillé pour des clients. En tant que peintre de panneaux d’affichage, j’exécutais les directives du service création et du marketing. Aussi, il y a quelques années de cela, j’ai décidé qu’il était enfin temps pour moi de découvrir ce à quoi je pouvais parvenir si je consacrais toute mon énergie aux beaux-arts.
En 2009, j’ai entrepris de peindre ma première véritable aquarelle. Dieu nous a gratifiés d’un monde magnifique et diversifié. Je vois la beauté dans chaque rayon de lumière qui tombe sur une feuille verte virevoltant dans le vent. Mes oeuvres constituent une tentative de décrire ce qui nourrit mon âme. Si j’y réussis, alors ce qui me stimule éveillera aussi l’intérêt de mes spectateurs.

Mon but est de peindre avec les couleurs adéquates et des compositions intéressantes qui font partager un moment, qui racontent une histoire, et qui vont émouvoir le spectateur comme moi je l’ai été. Cela, pour moi, est une peinture réussie.    

P 19 Frank Spino


   La troisième de mes aquarelles et ma première œuvre sur les agrumes